Problèmes sanitaires liés à l'utilisation du trichloréthylène

Toxicité chronique au trichloréthylène   

1)   Effets cancérogènes 

Les études suivantes montrent une augmentation du risque de cancer du rein et du col utérin suite à une exposition chronique au TRI dans l’industrie décolletage.

Étude cas-témoins sur les relations entre une exposition professionnelle au trichloroéthylène et le cancer du rein. (2006)
CHARBOTEL (B.), BERGERET (A.) 
       

Résumé:      

Une étude cas-témoins a été réalisée dans une zone géographique associée à une forte prévalence de l'exposition au trichloroéthylène (TRI) et à des niveaux d'exposition importants (vallée de l'Arve, Haute-Savoie).

L'objectif était de tester l'effet de ce type d'exposition sur le risque de cancer du rein.

Une matrice tâche-exposition a été développée pour relier les principales circonstances de travail rencontrées dans l'industrie du décolletage à des niveaux d'exposition au TRI.

Au total, 86 cas et 316 témoins appariés sur l'âge et le sexe ont décrit les différents emplois occupés au cours de leur carrière professionnelle ainsi que les circonstances de ces emplois.

Après prise en compte du tabagisme et de l'indice de masse corporelle, une augmentation significative du risque de cancer du rein a été identifiée pour les fortes doses cumulées de TRI.

Une relation dose-réponse a été mise en évidence de même qu'un effet "exposition à des pics".

Article complet (anglais)


Lien entre exposition professionnelle au trichloroéthylène et risque de cancer du col utérin ; étude exploratoire.

C. Confavreux-Romestaing, B. Charbotel, P. Muller-Beaute, J. Févotte,A. Massardier-Pilonchéry, A. Bergeret

Résumé:

Objectif .  Plusieurs études épidémiologiques rapportent une augmentation de la morbidité ou de la mortalité par cancer du col utérin parmi les salariées ayant été exposées au trichloroéthylène (TRI).

Ce solvant chloré classé cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, groupe 2A) reste utilisé dans l’industrie du décolletage, très présente en Haute-

Savoie. Une étude exploratoire rétrospective a été réalisée à partir de données médicales et professionnelles recueillies au cours d’une année par un médecin du travail suspectant un agrégat de cancers.

L’objectif était de réaliser une première estimation du risque et d’évaluer la pertinence d’une étude épidémiologique spécifique.

Matériels et méthodes. Les données recueillies comprenaient, d’une part, les antécédents d’exposition professionnelle au TRI et, d’autre part, les antécédents de traitement par conisation (révélant l’existence d’une pathologie cancéreuse du col utérin). Le risque de pathologie du col utérin associé à l’exposition au TRI a été estimé par le calcul d’odd-ratios (OR) et le test du Chi2. Le niveau socioéconomique a été pris en compte dans l’analyse. L’exposition a été réévaluée pour toutes les patientes rapportant un antécédent de conisation pour estimer le biais de mesure (enregistrement concomitant de la pathologie et de l’exposition).

 Résultats. Parmi les 777 femmes vues en visite médicale du travail au cours de l’année considérée, 18 cas de conisations ont été rapportées. Pour 11 d’entre elles, une exposition au TRI a été retenue par le médecin du travail. Le risque de pathologie du col de l’utérus associé à l’exposition au TRI est de 4,55 (1,88–11,00). Il reste élevé après ajustement sur le niveau social faible de certaines catégories socioprofessionnelles, OR = 3,95 (1,36–11,49). Après réévaluation des expositions au TRI, une augmentation du risque persiste même si l’OR brut n’est plus statistiquement significatif, OR = 1,84 (0,71–4,75).

 Discussion. Les données de la littérature, ainsi que les résultats de cette étude exploratoire permettent de faire suspecter une augmentation du risque de pathologie cancéreuse du col utérin parmi les salariées exposées au TRI. Cependant, aucune des études épidémiologiques déjà publiées n’a étudié spécifiquement cette association et les facteurs de risque connus n’ont jamais été pris en compte (human papilloma virus, par exemple). Une étude spécifique paraissant

justifiée et réalisable, elle a été mise en place et est en cours de réalisation. 

L’article est paru dans les Archives de Maladies professionnelles.

2)   Psychosyndrome

 Il faut également connaître les atteintes neuropsychiques suite à une intoxication chronique au TRI. Ce syndrome est caractérisé par de la fatigue, des maux de tête, des troubles de la mémoire, de l’humeur, du sommeil, des vertiges, ou des troubles digestifs. Ces effets sont notés dans l’article suivant :  

Is neurotoxicity associated with environmental trichloroethylene (TRI)?

KILBURN Kaye H - Archives of environmental health - 2002, vol. 57, no2, pp. 113-120 (39 ref.) 

Résumé:

Individuals who lived near 2 electronic manufacturing plants were exposed to odorous chlorinated solvents by inhalation (directly) and by outgassing from well water. An exposure zone was defined by concentrations of trichloroethylene, 1,1,1-trichloroethane, tetrachloroethylene, and vinyl chloride in groundwater. The author adopted trichloroethylene as a shorthand for the exposure designation. Residents complained of impaired recall and concentration, and of dizziness; therefore, the focus of this investigation was brain functions. Neurobehavioral functions, Profile of Mood States, frequencies of 35 symptoms, and questionnaire responses provided by 236 residents from exposure zones were compared with responses provided by 161 unexposed regional referents and by 67 Phoenix residents who lived outside the exposure zone areas. Pulmonary functions were measured with spirometry. Residents of the exposure zones were compared with regional referents, and the former had significantly (p <.05) delayed simple and choice reaction times, impaired balance, delayed blink reflex latency R-1, and abnormal color discrimination. In addition, these individuals had impaired (1) cognitive functions, (2) attention and perceptual motor speed, and (3) recall. individuals who lived in exposure zones had airway obstructions. Adverse mood state scores and frequencies of 33 of 35 symptoms were elevated. In conclusion, individuals who lived in the exposure zones had neurobehavioral impairments, reduced pulmonary functions, elevated Profile of Mood State scores, and excessive symptom frequencies. 

3)   Effets cutanés

De plus, comme de nombreux solvants, le TRI peut provoquer des lésions cutanées (dermatoses récidivantes, eczéma).  

4)   Effets cardiaques

 Des troubles du rythme cardiaque ont également été notés. 

Toxicité aigue au trichloroéthylène

Les intoxications aiguë par ingestion ou inhalation peuvent être à l’origine de différents symptômes :  

  • Digestifs : vomissements ou diarrhées
  • Neurologiques : maux de tête, ébriété, obnubilation, coma
  • Cardiaques : troubles du rythme, arrêts cardiaques
  • Respiratoires : pneumopathies
  • Cutanés : irritations